L’essor mondial des protéines végétales

A elles seules, les protéines animales, qui représentent 70% de la consommation, ne suffiront pas à satisfaire la demande d’ici à 2050.

Cette année, les Etats-Unis n’ont jamais planté autant de pois chiches, deux fois plus qu’en 2013. Les Américains raffolent de cette légumineuse sans gluten, riches en protéines végétales, vitamines et minéraux, qu’on trouve dans le houmous et les falafels. Elle entre dans la catégorie des aliments sains tout aussi bien que dans celle du snacking.

800 dollars la tonne de pois chiches

Ils ne sont pas les seuls. De l’autre côté du globe, en Australie, le prix du pois chiche vient de connaître une ascension sans précédent. La raison ? Sur la côte est, les agriculteurs le préfèrent désormais au blé et au sorgho. Les superficies australiennes ont déjà doublé, et les prix aussi : la très forte demande indienne, premier consommateur mondial, a entraîné la tonne de pois chiches à 800 dollars à Brisbane, soit quatre fois le prix du blé.

« La demande en protéines végétales pour la nutrition humaine connaît une croissance considérable, portée notamment par la volonté des consommateurs de prendre soin de leur santé et la préoccupation de ceux-ci en termes de développement durable », expliquait en juin la société Roquette, qui construit actuellement au Canada la plus grosse usine de protéines de pois au monde, et investit également en France.

La viande…sans viande

Les besoins en protéines de la planète vont doubler d’ici à 2050, avec l’accroissement démographique, a récemment souligné Tereos, qui a inauguré une unité pilote pour la production d’aliments à base de  protéines végétales . A elles seules, les protéines animales qui représentent 70% de la consommation mondiale, ne suffiront pas à satisfaire la demande, estime la société française.

En outre, dans des grands marchés comme l’Inde, pays amené à devenir très bientôt le plus peuplé du globe, les consommateurs sont majoritairement végétariens.

Les plus grands négociants de matières premières agricoles l’ont compris qui travaillent depuis quelques temps déjà sur la protéine végétale texturée. La PVT, très souvent fabriquée à partir de farine de soja, c’est de la viande sans viande. Et elle nourrit aussi bien les hommes que les animaux. En outre, sa fabrication élimine une partie des émissions carbone dans la chaîne d’approvisionnement, indique le patron de l’un de ces grands traders agricoles. « Parce qu’au lieu de produire la farine qui nourrit l’animal, ensuite de l’abattre, puis de commercialiser la viande, avec la PVT vous allez directement au consommateur. »

MURYEL JACQUE

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